Coupe du Monde de Football : La politique raciste de Trump gâche la fête populaire

Yan Chantrel - Coupe du Monde de Football : La politique raciste de Trump gâche la fête populaire

L’équipe de France entre dans la Coupe du monde face au Sénégal.

C’est une très belle affiche. On devrait avoir le droit à un grand match de football, entre deux équipes magnifiques, deux pays liés par l’histoire, par les familles, par les diasporas, par la culture et évidemment par le sport.

Alors bien sûr : allez les Bleus.

Mais au moment où cette Coupe du monde commence, il faut aussi dire les choses clairement : cette fête populaire et internationale est déjà abîmée par l’organisation américaine et par la politique migratoire de Donald Trump.

Une Coupe du monde, normalement, c’est le monde entier qui se retrouve. Ce sont des supporters qui voyagent, des peuples qui se rencontrent, des stades qui chantent dans toutes les langues. Ce devrait être une fête du football, une fête populaire, une fête internationaliste.

Or, que voit-on ?

Des supporters sénégalais venus du Sénégal, ne pourront pas être présents pour soutenir leur équipe, parce que les États-Unis leur ont refusé des visas.

C’est le cas aussi d’Omar Artan, arbitre international somalien, sélectionné pour cette Coupe du monde, mais empêché d’entrer sur le territoire américain.

Quand des arbitres, des officiels, des supporters sont traités comme des suspects avant même d’être considérés comme des participants à une fête sportive mondiale, il y a un problème politique majeur.

On ne peut pas prétendre accueillir le monde tout en pratiquant une politique réactionnaire et conservatrice de repli sur soi et de haine des autres.

Cette politique de visas, de soupçon et de tri migratoire est une politique discriminatoire. Et quand elle frappe d’abord des ressortissants africains, quand elle sélectionne les personnes selon leur passeport, leur origine ou leur nationalité, c’est une politique raciste.

La Coupe du monde ne doit pas devenir la vitrine d’un monde fermé, d’un monde de murs, de frontières et de repli sur soi.

Le football appartient aux peuples. Il appartient aux enfants qui rêvent devant un match, aux familles, aux supporters, aux diasporas. Il ne doit pas être réservé à celles et ceux qui ont le bon passeport, le bon visa, ou le bon compte en banque.

Mais justement, nous ne laisserons ni les politiques racistes, ni les logiques d’argent, ni les organisateurs de cette Coupe du monde nous voler ce que le football a de plus beau.

Le football reste un plaisir populaire. Un moment où l’on se rassemble, où l’on partage, où l’on vibre ensemble. Un moment qui doit nous rapprocher, pas nous trier. Un moment qui doit unir, pas exclure.

Alors ce soir, pensons aux supporters sénégalais empêchés d’être là. Pensons à toutes celles et ceux que ces politiques de frontières tiennent à distance. Et faisons vivre, à notre manière, un autre football : ouvert, populaire, solidaire.

Allez les Bleus.