Statut des AESH : l’école inclusive sacrifiée par la droite sénatoriale
Vingt ans après la loi du 11 février 2005 et plus de dix ans après l’inscription du principe d’école inclusive dans le code de l’éducation, la réalité reste très éloignée des ambitions affichées. Le droit à un accompagnement individualisé pour les élèves en situation de handicap, pourtant garanti par la loi, demeure largement inabouti.
La proposition de loi relative au statut des accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) visait précisément à corriger cette situation. Elle poursuivait un double objectif : améliorer les conditions d’exercice, de rémunération et de formation des AESH, en les intégrant à la fonction publique d’État, et renforcer les dispositifs d’inclusion pour les élèves concernés. Cette réforme était indispensable pour donner enfin corps au principe d’école inclusive.
Aujourd’hui, les chiffres sont alarmants : à la rentrée 2025, près de 49 000 enfants en situation de handicap étaient scolarisés sans AESH, soit un enfant sur sept, tandis que les créations de postes prévues pour 2026 sont largement insuffisantes. Les AESH, massivement employés à temps partiel subi, faiblement rémunérés et insuffisamment formés, subissent des conditions de travail indignes qui fragilisent l’accompagnement des élèves et provoquent un turnover élevé.
Cette situation est encore plus critique pour les Français de l’étranger. Dans le réseau d’enseignement français à l’étranger, l’absence de cadre public contraint les familles à recruter et financer elles-mêmes les AESH, avec un soutien financier insuffisant et tardif de l’AEFE. Les ruptures d’accompagnement sont fréquentes, les coûts prohibitifs, et de nombreuses familles sont progressivement exclues du réseau, transformant l’inclusion scolaire en un privilège réservé à ceux qui peuvent payer.
En rejetant cette proposition de loi, la droite sénatoriale a fait le choix de maintenir un système inégalitaire et défaillant. Ce vote fragilise les parcours scolaires et transforme l’école inclusive en une promesse non tenue, en France comme à l’étranger. Ensemble, continuons le combat afin de permettre un véritable statut pour les AESH.